Littérature américaine

David James POISSANT, Le paradis des animaux

David James POISSANT, Le paradis des animaux

Traduit de l’américain par Michel Lederer
Titre original  : The Heaven of animals, éd. Simon and Schuster, 2014.
Ed. Albin Michel, 2015
coll. « Terres d’Amérique »
ISBN 2-226-31720-9

 

« J’aurais voulu lui dire : Je t’aime, mais cela je ne l’ai pas dit, pas à Jack ».
« L’Homme-Lézard » D.J. Poissant.

Recueil de douze nouvelles de David James Poissant, jeune auteur américain de 33 ans, The heaven of animals, dans son titre original, publié par Simon & Schuster en 2014, arrive de notre côté de l’Atlantique en 2015, grâce à Albin Michel et à sa fameuse collection « Terres d’Amérique ». Francis Geffard, le directeur de cette collection, tient ses promesses de nous faire découvrir de grands auteurs américains.

David James Poissant est un jeune auteur qui publie son premier recueil, après avoir été diffusé par de nombreux journaux réputés : The Atlantic, The Chicago Tribune ou le New-York Times par exemple. Son ouvrage a reçu plusieurs nominations et prix.

Sans détour, sans préambule et sans amorce D.J. Poissant nous emmène dans la vie de ses personnages. « Je déboule dans l’allée » (« L’Homme-Lézard ») ; « La soirée débuta par une dispute » (« Remboursement ») ; « Dehors le frère de Mark alluma une deuxième cigarette » (« Les Nudistes »). Ces trois premières phrases sont les introductions de trois nouvelles différentes et les enjeux sont déjà présents. Le lecteur n’est qu’un spectateur qui arrive au cours d’une scène. D.J. Poissant ne nous introduit pas les choses longuement, il plonge intégralement son lecteur dans une vie, dans le vif du sujet. Ces premières phrases ne constituent pas des exceptions : l’intégralité de son écriture est spontanée, directe, sans détour. Le superflu n’entre jamais en jeu, chaque mot est à sa place.

Au long de ces différentes nouvelles, Poissant nous introduit dans la vie de multiples protagonistes. Nous parcourons le destin de gens ordinaires, des Américains moyens pas très doués avec la vie, pas très chanceux, n’ayant pas toujours fait des choix judicieux : « Il y a un an, j’ai balancé mon fils par la fenêtre de la salle de séjour » explique l’un d’eux dans « L’Homme-lézard». Ce sont des personnages écorchés par la vie. Lire ces nouvelles revient à être une souris cachée dans un coin, en train d’observer un moment de leur existence. Ce sentiment s’installe grâce à des phrases courtes, simples, efficaces mais aussi imagées et drôles comme « Linda est belle. Jeans moulant, chemise à travers laquelle pointe le bout de ses seins. Et, c’est nouveau, des bottes. Elles sont en cuir, à franges. Elles sont étonnantes, si pointues qu’on pourrait transpercer une planche de bois avec. » (« Les derniers des grands mammifères terrestres »)

Les nouvelles s’enchaînent sans aucune transition. En dehors du fait qu’ils soient tous des personnages blessés, les protagonistes n’ont rien en commun. Passer d’une nouvelle à la suivante revient à tourner les pages d’un album photo. Le tout comme encadré par une seule histoire. Sans que l’on s’y attende, « Le paradis des animaux », la dernière nouvelle, est la suite de « L’Homme-Lézard », la première. Elle vient y mettre comme un point final.

Se plonger dans la lecture du Paradis des animaux, c’est se faire surprendre par des visions différentes de la vie. L’auteur nous entraîne entre le rire et les larmes de son écriture à la fois vraie et optimiste. Le lecteur éprouve ainsi de l’empathie pour des personnages qu’il aurait pu juger.

Le nouvelliste s’inscrit « dans la lignée de Tchekhov et de Raymond Carver, dont il partage à la fois l’humanité et la maîtrise littéraire »,  peut-on lire sur le site Kirkus reviews à propos du livre. Mais D.J. Poissant est également au croisement de J.D. Salinger et de Douglas Kennedy : Salinger pour le style et l’errance des protagonistes, Kennedy pour sa volonté de dépeindre des visions du monde différentes.

D.J. Poissant est un auteur qui commence seulement sa carrière. On attend la suite.

« C’était tout à la fois un miracle et une horreur – le monde existait toujours et son fils avait disparu, effacé de la surface de la terre. » (« Le paradis des animaux »)

Solène Cudennec, AS Edition-Librairie, 2017-2018

Sources :
Le site de l’auteur Davidjamespoissant.com

Biographie de l’auteur :

Nationalité : États-Unis Jeune auteur de 33 ans originaire du sud des États-Unis, est depuis quelques années l’une des sensations de la scène littéraire américaine. Ses nouvelles ont été publiées dans les revues et magazines littéraires les plus prestigieux, comme The Atlantic, The Chicago Tribune et The New York Times

 

Comments are Closed

Theme by Anders Norén