Passez votre soirée en compagnie de Shakespeare

Crédit photo : Simon Gosselin

En ce mercredi 14 mars pluvieux, le TNBA accueille la représentation de l’une des pièces de Shakespeare, Comme il vous plaira . Confortablement installé sur votre siège, découvrez la mise en scène moderne et chantante de Christophe Rauck. Les rideaux s’ouvrent sur une scène de chasse prévue pour être jouée au quatrième acte de la pièce. Les sons employés nous plongent directement dans la forêt où un cerf est abattu. L’animal fait partie du décor dans de nombreuses scènes, accompagné d’autres animaux forestiers. Cette pièce dépeint à la fois les visions de l’amour et celles de la société. Tour à tour les personnages vont avoir des révélations et, par ce biais, grandir.

Pour aller à l’essentiel, l’intrigue est la suivante. Deux cousines vivent et s’aiment comme des soeurs : la première Rosalinde est la fille d’un duc banni, elle va connaître les assauts d’un amoureux passionné, la seconde est Célia, la fille du duc à la tête du duché. Ce dernier ayant décidé de chasser Rosalinde, toutes deux s’enfuient dans la forêt. A cette intrigue participent un fou sarcastique critiquant la Cour, des frères ennemis, un lutteur, un berger, un amoureux refoulé par une narcissique et bien plus encore.

Une pièce qui joue avec l’illusion

Pour apporter un caractère mystérieux à la scénographie le metteur en scène a choisi quelques artifices. Plusieurs fois sur l’espace scénique des fumigènes sont dispersés pour produire un effet, englober les personnages et créer une illusion, une impression irréelle. Le sol brillant comme un miroir renforce le côté mystique. Depuis son siège, le spectateur a sensiblement l’impression que le temps se rallonge, s’épaissit et que le quatrième mur s’apparente à un écran, un mirage, dans lequel les acteurs évoluent.

Rosalinde, la muse et la meneuse de jeu

Cécile Garcia Fogel, joue le rôle de Rosalinde, rôle de grande importance dans la pièce de Shakespeare. C’est elle qui sonde l’amour d’Orlando pour savoir s’il est sincère, c’est elle qui révèle l’ampleur de la vanité de Phébé et, c’est elle qui lie les personnages entre eux et qui fait en sorte que tout se termine bien. L’actrice nous propose une Rosalinde moderne avec un ton de comédienne qui rappelle celui de l’humoriste Florence Foresti. Grâce à son interprétation elle rend Rosalinde moderne et intemporelle.

Crédit photo : Simon Gosselin

Une mise en scène unique en son genre

Chaque metteur en scène a sa propre vision d’une pièce. Ici Christophe Rauck a choisi un décor singulier, des chansons comme intermèdes et des costumes pour le moins déroutant (des costumes à paillettes par exemple…). Un bémol qui peut être exprimé au sujet de ce spectacle, c’est que de nombreuses tirades ralentissent l’intrigue et que le jeu des micros qu’utilisent les acteurs ne semble pas apporter grand chose. Néanmoins, les partis pris du metteur en scène font que la pièce Comme il vous plaira est dépoussiérée et appréciée du plus grand nombre. La pièce se conclut par l’épilogue prononcé par Rosalinde qui invite les spectateurs, hommes ou femmes, à défendre ce qu’ils ont aimé de la pièce. Une invitation de la sorte ne se refuse pas mais faites comme il vous plaira.

Lucie Penneteau, 1A, Edition-Librairie, 2017-2018

Pour en savoir plus :
Un dossier pédagogique a été réalisé pour tous ceux qui souhaitent en apprendre un peu plus sur la pièce et son metteur en scène. Il est à retrouver sur le site du TnBA.

Mise en scène : Christopher Rauck
Avec :
John Arnold (Jacques le Mélancolique), Jean-Claude Durand (Le Duc Frédéric), Cécile Garcia Fogel (Rosalinde), Pierre-François Garel (Orlando), Pierre-Félix Gravière (Olivier), Maud Le Grévellec (Célia), Jean-François Lombard (Le Beau), Mahmoud Saïd (Ada), Luanda Siqueira (Phébé), Alain Trétout (Pierre de Touche)
Scénographie :
Aurélie Thomas
Direction musicale :
Marcus Borja
Costumes :
Coralie Sanvoisin, Peggy Sturm
Lumières : 
Olivier Oudiou
Son :
Xavier Jacquot
Production :
Théâtre du Nord centre dramatique national Lille Tourcoing Hauts-de-France
Coproduction :
Théâtre 71 scène nationale de Malakoff