Littérature anglaise

Neil GAIMAN, La Mythologie Viking

Neil GAIMAN, La Mythologie viking

Traduit de l’anglais par Patrick Marcel.
Titre original : Norse mythology, ed. W. W. Norton & Company, 2017.
Au diable Vauvert, 2017.
Pocket, « Imaginaire », 2018.
ISBN : 978-2-266-27993-2

Un dieu à Midgard

Neil Gaiman naquit en 1960 au Royaume-Uni. Enfant, il était déjà fan de J.R.R Tolkien, C.S Lewis et Edgar Allan Poe. Passionné par ces mondes de « fantasy », il passait ses journées dans les bibliothèques pour toujours lire plus quand ses parents étaient au travail. Il a commencé sa carrière en étant journaliste et devint biographe, même si c’est son œuvre Sandman adaptée par DC Comics dans les années 1990 qui l’a fait connaître au monde.

Il a été primé par cinq prix, dont le prix Hugo et le Prix Nebula, mais sa renommée sera mondiale quand paraîtra Stardust (1999), Coraline (2002), l’Étrange Vie de Nobody Owens (2008) et surtout American Gods (2001), adaptée en série depuis 2017. L’œuvre à laquelle nous nous intéressons est La mythologie viking, sortie en 2017.

Même si le succès ne fut pas au rendez-vous pour la totalité de ses œuvres, nous pouvons dire que ce dernier récit des dieux nordiques en est un, qui mérite d’être connu et lu.

Fans de Vikings ou/et de mythologie nordique, que vous soyez débutants ou experts, vous y trouverez votre compte. Vous apprendrez à apprécier sous leur forme leur plus simple : « nombre de dieux et de déesses [qui] sont évoqués dans la mythologie viking. Vous allez en rencontrer bon nombre dans ces pages. La plupart des histoires que nous possédons, toutefois, tournent autour de deux dieux, Odin et son fils Thor, et du frère de sang d’Odin, un fils de géant appelé Loki, qui vit à Asgard avec les Ases. » (p.23)

Du commencement au Ragnarok

Ne voyez pas cette œuvre comme une liste de récits mythique sans importance. Voyez plutôt l’histoire des dieux vikings de leur naissance au dernier jour de leur vie (au Ragnarok), et laissez-vous plonger dans une histoire magique. En effet, Neil Gaiman ne voulait pas énumérer des contes mais raconter une histoire.

Pour ce, il explique lui-même dans l’introduction de ce livre qu’il n’a pas « osé retourner aux conteurs de mythes nordiques dont [il a] adoré le travail, des gens comme Roger Lancelyn Green et Kevin Crossley-Holland, pour relire leurs histoires. [Il a] plutôt passé son temps avec nombre de traductions différentes de l’Edda en prose de Snorri Sturluson et les vers de l’Edda poétique » (à noter que Neil Gaiman utilise la traduction de Régis Boyer) (p.15). Pourquoi ? Pour être au cœur même du sujet et conter à son tour ses propres histoires, pouvoir donner sa vision personnelle de ces dieux et déesses que nous ne connaissons pas aussi bien que les dieux grecs ou égyptiens.

Thor n’est pas qu’un beau gosse à la chevelure d’or comme il l’est dans les Avengers, et Loki un homme ambitieux, prétentieux et égoïste. Ils ont chacun leurs qualités et leurs défauts, et grâce à Neil Gaiman, nous apprenons à les connaître, à les aimer, à les détester et à les aduler, et ce, dès le premier chapitre qui leur est consacré.

Après l’introduction des dieux, nous découvrons leurs neuf mondes et leurs péripéties jusqu’à ce que vienne le Ragnarok, cette fameuse fin du monde tant redoutée. Entre amour, amitiés, ruses et trahisons, difficile de ne pas se laisser porter par ces contes. 

D’autant plus qu’à la fin de ses récits, Neil Gaiman a rédigé un glossaire du lexique de la mythologie pour les lecteurs qui auraient plus de mal à se familiariser avec les différents mondes que sont Asgard (le monde des Ases), le Jotunheim (le monde des géants), Midgard (le monde des Hommes) et leurs habitants si singuliers.

L’écriture de N. Gaiman, hydromel du lecteur

Là où les dieux s’enivrent avec leur hydromel des poètes, vous, lecteur, vous enivrerez avec l’écriture de Neil Gaiman. Aux phrases poétiques se mêleront des phrases plus terre-à-terre, parfois crues et presque réalistes, d’autres humoristiques, pour nous rappeler que bien que les dieux soient des dieux, ils n’en restent pas moins faits de chair et d’os comme les êtres humains le sont.

D’ailleurs, n’oublions pas que

« Odin est appelé Père de tout. Parce qu’il a été le père des dieux et parce qu’il a insufflé la vie des aïeux de nos aïeux. Que nous soyons dieux ou mortels, Odin est notre père à tous. » (p.35).

Malgré nous, lecteurs aguerris que nous sommes, aussi humains que possible, nous sommes invités à prendre part au voyage. Grâce à la dimension orale du récit, ce qui n’est que fiction semble devenir réalité. 

Alors, qui va pleurer à la mort de Balder ou aux derniers jours de Loki, qui va se mettre à détester Thor, et qui relève le défi de lire l’Edda poétique ?

Charlotte Guilbot, AS, Bibliothèques-médiathèques, 2018-2019

Sources :
Site de l’auteur
Site des lecteurs de Stephen King pour la biographie de Neil Gaiman.
Site éditeur

Biographie de l’auteur 

Nationalité : anglaise 

Né en 1960.

Débutant sa carrière comme journaliste, il devient par la suite romancier et novelliste. Il se démarque et gagne les prix Hugo, Nebula, Locus, Bram-Stocker et World Fantasy. En plus d’être écrivain de romans, il est également scénariste pour des bandes-dessinées. Dont la série Sandman, publié en comics dans les années 1990. Il publiera ensuite de nombreuses œuvres, mais les plus connues restent Stardust (1999), Coraline (2002), L’étrange vie de Nobody Owens (2008) et American Gods (2001) ou encore De bons présages (1990) en collaboration avec Terry Patchett.

Bibliographie non exhaustive
De Bons présages (Good Omens), J’ai Lu, 1995. (en collaboration avec Terry Pratchett).
Miroirs et fumée (Smoke and Mirrors), Au Diable Vauvert, 2000 (nouvelles).
American Gods (American Gods), Au Diable Vauvert, 2002.
Coraline (Coraline), Albin Michel, 2003.
Tous malades ! (Now we are sick : an anthology of nasty verse), Bragelonne, 2006, Neil Gaiman & Stephen Jones.
Des choses fragiles (Fragile Things), Au Diable Vauvert, 2009 (nouvelles).
L’Étrange vie de Nobody Owens (The Graveyard Book), Albin Michel, 2009.
Mes cheveux fous (illustré par Dave McKean), Au Diable Vauvert, 2012.
L’Océan au bout du chemin (The Ocean at the end of the Lane), Au Diable Vauvert, 2014.
Pourquoi notre futur dépend des bibliothèques, de la lecture et de l’imagination, Au Diable Vauvert, 2014.
Tchi le panda (Chu’s Day), Albin Michel, 2014.
Tchi à l’école (Chu’s First Day of School), Albin Michel, 2015.
La Belle et le fuseau (The Sleeper and the Spindle), Albin Michel, 2015.
Par bonheur, le lait (Fortunately, the milk), Au Diable Vauvert, 2015.

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